Les obstacles pèsent sur les échanges agricoles et agroalimentaires

  • Création : 2 janvier 2023

Avec une forte dépendante de certains pays aux importations agricoles et agroalimentaires d’un côté et spécialisation accrue des productions par pays, les échanges dans ce secteur sont de plus en plus importants. D’ailleurs, ils ont progressé de manière exponentielle au cours de ces dernières décennies.

Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), ces échanges ont augmenté à raison de presque 7% par an en termes réels entre 2001 et 2019. En plus de croître, ils se mondialisent. Une part croissante du commerce agroalimentaire s’inscrit désormais dans des chaînes de valeur mondiales (CVM), indique la même source. L’agroalimentaire est en effet le secteur qui enregistre le plus d’échanges entre pays. Sa résilience face à la crise sanitaire du COVID-19 le montre d’ailleurs.

La pandémie qui a porté un coup dur au commerce international en perturbant les échanges partout dans le monde a épargné le secteur agricole et alimentaire qui s’est révélé plus résilient. Cependant les mesures protectionnistes adoptés par certains pays ont réduit quelques peu ces échanges. Cela pour dire que même si les marchés agroalimentaires internationaux ont évolué, les restrictions adoptées ont fini par impacter le marché. De quelle manière ? « Ces mesures ont des effets négatifs importants sur le bien-être, la résilience et la sécurité alimentaire des consommateurs et des producteurs, ainsi que sur la viabilité de l’agriculture, et elles font baisser le volume des échanges agricoles et alimentaires », explique l’OCDE. Par ricochet, ces mesures commerciales qui font obstacle aux importations finissent par réduire directement la compétitivité des exportations agroalimentaires des pays qui les appliquent. Mais également celle des entreprises productrices sachant qu’à l’échelle mondiale 24 % de la valeur des exportations agroalimentaires correspond aux intrants importés : intrants industriels (machines et engrais) et services.

D’où l’urgence de revoir les politiques adoptées dans ce cadre M. Qu Dongyu. Pour la FAO, les avantages comparatifs, les politiques commerciales et le coût des échanges conditionnent la structure du commerce alimentaire et agricole. L’organisation estime en effet que la réduction des obstacles tarifaires et du coût des échanges peut stimuler le commerce et la croissance économique.

« Il est essentiel que les pays cessent de recourir à des mesures commerciales, qui ont pour effet d’impulser la hausse des prix et de rendre ceux-ci extrêmement volatils. En outre, ces mesures portent préjudice à ceux dont la sécurité alimentaire est tributaire des marchés mondiaux», a souligné à ce sujet en juillet dernier Qu Dongyu, directeur général de l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). M. Qu s’exprimait en juillet dernier à l’ouverture de la soixante-quinzième session du Comité des produits, le plus ancien comité technique de la FAO. Il a dans ce cadre affirmé : « Contrairement à la tendance actuelle qui consiste à opérer les échanges commerciaux principalement à l’intérieur des régions, le commerce multilatéral demeure la manière la plus efficace de promouvoir l’accès aux marchés et la croissance économique pour tous, et seule la collaboration multilatérale peut apporter une réponse véritable aux défis environnementaux planétaires, tel le changement climatique » Qu’en sera-t-il dans les prochaines années avec cette menace pesante justement ?

Pour l’OCDE, les perturbations actuelles (entre changements climatiques conjuguées aux crises géopolitiques) risquent fortement de perturber les marchés agricoles et les échanges agricoles. Cependant, ces échanges peuvent aider à remédier aux problèmes d’approvisionnement et de sécurité alimentaire qui se posent dans leur sillage.

Source:Rédaction Agroligne, publié dans le magazine N°117

https://www.agroligne.com/IMG/pdf/agroligne_N%C2%B0117.pdf

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