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Aussi vieux que l'histoire humaine, le monde de l'emballage bouge. A l'occasion de la tenue du salon ALL4PACK, Véronique SESTRIERES, directrice de ce salon international qui aura lieu du 14 au 17 novembre, décortique pour Agroligne, tout ce secteur en mode évolution.

Propos recueillis par : Rédaction Agroligne

Agroligne : La plus grande nouveauté du salon All4Pack est l'appellation. Pouvez-vous expliquer les raisons de ce changement?

Véronique SESTRIERES : Dès 2010, la tenue conjointe des deux manifestations témoigne de la pertinence de cette synergie, l’offre de MANUTENTION s’affirmant comme la continuité évidente du secteur fin de ligne d’EMBALLAGE. Depuis, les acheteurs du marché ont évolué vers une politique d’achat globale, comprenant l’emballage, le process, les systèmes d’impression et les solutions intralogistiques. Le marché se pense désormais en chaîne de production globale « emballage », depuis la matière première jusqu’à l’intralogistique et l’expédition de commandes. La nouvelle marque ALL4PACK Paris permet de rendre plus lisible cet élargissement de l’offre (packaging + process + printing + handling) du salon et entre en cohérence avec les évolutions de la filière. Par ailleurs, ALL4PACK est plus explicite pour les non francophones.

L’emballage alimentaire est un véritable monde indissociable de celui de l'industrie agroalimentaire. Quelles en sont les nouvelles exigences ? 

Les enjeux du secteur liés à l’emballage sont multiples et sont presque existentiels. Pour lutter contre le gaspillage et gérer les dates de péremption, le Ministère français de l’agriculture promeut la Date de Durabilité Minimale et son homologue allemand les supprimerait au profit d’une puce qui indique l’état de fraîcheur des aliments selon une échelle de couleur. De leur côté, les IAA mettent en oeuvre de nouvelles technologies de conservation des aliments, des emballages au taux de restitution optimisé, aux formats adaptés au plus près aux modes de consommation, de distribution et aux besoins nutritionnels, portionnables, refermables, des emballages actifs (composés antimicrobiens ou antioxydants), interactifs ou intelligents. A suivre : le secrétariat d’état français chargé de la réforme de l’état souhaite créer un label pour les emballages à ouverture facile.

Le e-commerce alimentaire des pure players se développe en France avec la boutique en ligne d’épicerie et de boissons d’Amazon proposant 34 000 références et avec Cdiscount associé à Franprix (groupe Casino) et ses 4 000 références. Ce développement et celui du drive, la demande croissante pour des denrées prêtes à l’emploi, la séniorisation des marchés, les 20 % de foyers mono parentaux, le snacking, le nomadisme sont autant de paramètres segmentant le marché alimentaire français. Les industriels y répondent par des emballages pratiques, ergonomiques, sains, sécurisés. A suivre : les travaux de la DG Sanco sur une Limite de migration spécifique (LMS) du BPA répondant au principe de précaution.

Inspirées par la gastronomie mondiale, les marques expérimentent des couleurs vibrantes, une communication qui associe qualité technique et origine naturelle, de nouveaux designs, et même l’origami, pour créer des expériences inédites liées à l’emballage et rallier les suffrages des réseaux sociaux devenus véritables canaux de communication. Après le QR code et la réalité augmentée : bienvenue à l’emballage digital, connecté, communicant et personnalisé grâce la NFC (Near Field Communication), au Bluetooth et à l’impression numérique !

Le règlement européen Inco prévoit la possibilité d’apposer de façon volontaire sur les emballages, un système graphique d’information sur la qualité nutritionnelle des denrées. En France, l’Anses a évalué deux systèmes : le système 5-C développé par la FSA (Food Standards Agency) et le système SENS (Système d’Etiquetage Nutritionnel Simplifié) porté par la FCD (Fédération du Commerce et de la Distribution). Ces deux systèmes convergent et seront testés en conditions réelles au second semestre 2016.

La loi française sur la transition énergétique du 31 mars 2016 interdit la distribution aux caisses de sacs jetables de moins de 50 microns d’épaisseur (hors biodégradables et compostables) à compter du 1er juillet 2016. Sont également interdits les sacs plastiques jetables en rayon à partir du 1er janvier 2017, la part de résine biosourcéedevant représenter au moins 30 % du poids du sac en 2017, 40 % en 2018 et 50 % en 2020. Poursuivant leurs efforts en écoconception des emballages, les IAA ont le « zéro déchet » comme ligne d’horizon. Cela passe par l’emploi de matériaux recyclés autorisés au contact alimentaire, par la valorisation des sous-produits sous forme d’emballages bio-sourcés et biodégradables en PHA (polyhydroxyalcanoate) par exemple, mais également en concevant des emballages qui s’inscrivent dans un schéma de massification des flux des déchets et d’industrialisation des centres de tri.

Enfin l’emballage en logistique et intra logistique s’affirme comme levier d’économies, de sécurité et d’efficacité. Que l’on parle de puce RFID dans l’emballage secondaire et tertiaire ou de logistique inverse ; l’objectif est également d’assurer la traçabilité des produits alimentaires pour laquelle certains envisagent une sérialisation des couplesproduit/emballage afin de garantir l’origine des denrées.

L'Afrique est un marché convoité par plusieurs secteurs. Pour cette année, elle est à l'honneur dans cette édition d'All4Pack. Pourquoi?

L’Afrique représente 20% des visiteurs environ et 35% des exposants considèrent le continent africain comme leur zone prioritaire de futur développement. Nous souhaitons jouer les facilitateurs entre acheteurs et offreurs grâce notamment à nos nouveaux business meetings, des rendez-vous sur mesure entre visiteurs et exposants. Une nouvelle collaboration avec l’ITC (International Trade Center) nous permet aussi de mieux appréhender le rôle essentiel que joue l’emballage dans certains pays d’afrique, principalement pour lutter contre le gaspillage. De vraies success stories africaines seront présentées sur le plateau TV.

Parmi les animations les plus attendues cette année, Pentawards, l'exposition 10/10. Pouvez-vous nous en dire plus?

En écho à son fil rouge « Let’sbecreative », l’édition 2016 du salon ALL4PACK accueille en effet  en exclusivité mondiale l’ « Exposition 10/10 », présentée par les Pentawards, la compétition internationale dédiée au packaging design. Cette rétrospective mettra en lumière 100 emballages d’exception primés pour leur grande créativité et originalité au cours de ces 10 dernières années, par le jury international des Pentawards.

Les innovations en matières de packagings, se dirigent-elles plus vers le design, le rapport qualité/prix ou les exigences du consommateur et de l'environnement ?

Dans ce domaine, il y a 5 tendances qui se dégagent. La première est l’éco-conception des emballages, leitmotiv européen. Tous les experts éco-conçoivent leurs emballages selon les exigences essentielles liées à la directive 94/62/CE. Les indicateurs de poids, de dimensions et d’épaisseurs ont été drastiquement revus à la baisse, y compris dans le secteur du luxe, et s’accompagnent d’une incorporation croissante de matériaux recyclés ou de sous-produits agricoles naturels renouvelables en veillant à la valeur ajoutée apportée par l’emballage.

La 2ème est liée au e-commerce qui représente une nouvelle scène de l’emballage. Dans ce contexte, l’éco-conception de l’emballage se cumule avec d’autres challenges : livrer le produit en bonnes conditions, minimiser le nombre d’emballages ou fabriquer ceux-ci sur mesure et en « juste à temps », créer « l’effet Waouh » qui peut être relayé par la réalité augmentée. La 3ème tourne autour du principe de la juste dose grâce aux mini-emballages et la réduction des emballages. La lutte contre le gaspillage mène à de plus petits emballages adaptés à la juste dose de produit nécessaire au consommateur.

L’emballage ultra smart,qui représente la 4ème tendance, est un enjeu majeur de la dynamique sociale, économique et culturelle. Faut-il le rappeler, l’emballage est entré de plain-pied dans l’ère du numérique et du connecté. L’impression numérique personnalise les emballages et permet de les fabriquer en 3D. L’emballage connecté supplée à nos oublis, en cas de non observance d’un traitement médical par exemple. Le papier et les encres organiques semi-conductrices remplacent le silicium des puces RFID.

Enfin, la 5ème et dernière tendance actuelle est liée aux  nouvelles technologies de l’emballage, qui boostent les nouveaux besoins ou usages des consommateurs. Dépassant la praticité et la fonctionnalité, l’emballage devient actif pour une plus grande sécurité sanitaire des produits et pour lutter contre le gaspillage.

Que promet le salon All4Pack pour son visitorat et ses exposants ?

Un bon retour sur investissement côté business, dans un lieu agréable avec des contacts chaleureux et productifs.

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