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Plusieurs secteurs de l’économie britannique semblent très exposés au Brexit, malgré les nombreuses incertitudes qui demeurent sur le processus de sortie du Royaume-Uni de l’UE, décidée jeudi par référendum.

 

BANQUES

Les banques ont beaucoup à perdre vu le poids du centre financier de Londres, par lequel transite un cinquième des transactions financières mondiales. Exclu du marché unique européen, le Royaume-Uni, où plus d’un million de personnes travaillent dans les services financiers, ne pourrait plus être la porte d’entrée des banques américaines ou asiatiques vers l’Europe, et des délocalisations d’emplois sont à prévoir.

Une période d’incertitudes s’ouvre concernant le cadre règlementaire dans lequel banques et assurances vont évoluer, notamment sur le maintien ou non de leur droit au « passeport européen » qui fournit aux entreprises financières basées au Royaume-Uni la possibilité de vendre leurs services sans entrave dans tous les pays de l’UE.

En Bourse, les banques, pas seulement britanniques, vivent une véritable descente aux enfers depuis vendredi.

TRANSPORT AERIEN

Pour les compagnies aériennes, une sortie de l’espace unique aérien serait un coup dur, qui signifierait des taxes supplémentaires, donc des prix en hausse, et des complications pour ouvrir de nouvelles lignes. Les experts du secteur anticipent déjà une baisse de volume des passagers entre le Royaume-Uni et le reste de l’Europe – et, si l’économie flanche, avec le reste du monde aussi. Même chose pour les volumes de fret. La chute de la livre sterling va freiner les envies de voyage des Britanniques, et se traduire par une hausse des coûts de carburant, libellés en dollars.

IAG, propriétaire de British Airways, et la compagnie low-cost EasyJet, toutes deux domiciliées au Royaume-Uni, ont déjà averti que leurs résultats financiers de cette année seraient touchés. L’irlandaise Ryanair réalise plus d’un quart de son chiffre d’affaires au Royaume-Uni, et devrait se retrouver sous pression aussi, anticipent les analystes de Deutsche Bank.

IMMOBILIER

Le secteur immobilier, surtout à Londres, pourrait pâtir directement et immédiatement de délocalisations – dans le segment de l’immobilier de bureau comme dans le résidentiel, avec une baisse des taux d’occupation et des prix. « L’expérience montre que les chocs externes ont conduit à des baisses de chiffre d’affaires de jusqu’à 20% » dans le segment résidentiel, a pointé le spécialiste du secteur Hometrack. Lundi le réseau d’agences immobilières Foxtrons a averti que ses résultats en souffriraient.

Si l’immobilier souffre, le BTP sera pénalisé aussi. Il s’inquiète aussi d’une possible raréfaction de la main d’oeuvre européenne bon marché, qui avait constitué un atout ces dernières années.

AUTOMOBILE

« Les constructeurs et équipementiers avec des capacités de production en Grande-Bretagne seront les plus touchés », prédit Stefan Bratzel, du centre de recherche sur l’automobile CAM, en Allemagne. Le marché automobile britannique avait bien progressé ces dernières années, et « un ralentissement était de toute façon à attendre », note son compatriote Ferdinand Dudenhöffer, de l’institut CAR de Duisbourg. Du fait du Brexit, le ralentissement risque d’être « plus prononcé et plus rapide ».

Parmi les constructeurs, Nissan, Tata (propriétaire de Jaguar Land Rover), BMW (propriétaire de Mini et Rolls Royce), Toyota et General Motors (avec sa marque britannique Vauxhall) sont en première ligne. Selon les analystes de Berenberg, le marché britannique représente 2 à 3% des ventes mondiales de voitures, « mais du fait de prix plus élevés et d’un panachage de modèles plus haut de gamme que la moyenne, sa part peut aller jusqu’à 4 à 9% pour les équipementiers européens ».

Sur le moyen terme, les pronostics divergent. M. Bratzel anticipe « une sortie rampante de l’industrie automobile » du Royaume-Uni. M. Dudenhöffer au contraire entrevoit des effets positifs d’une baisse durable de la livre sterling sur la compétitivité de Jaguar Land Rover, Nissan et Mini (BMW).

ET POUR LE RESTE...

Le secteur du high-tech est particulièrement préoccupé par le recrutement de la main d’oeuvre qualifiée et cosmopolite dont il dépend, si les conditions d’accès des étrangers au marché du travail britannique se durcissent. Dès vendredi, la fédération allemande des start-ups a décrété que Berlin, rivale de Londres dans ce domaine, serait la grande gagnante du Brexit. Tous les secteurs cycliques, c’est-à-dire qui réagissent directement aux aléas de la conjoncture, seront potentiellement touchés par un ralentissement de l’économie britannique. C’est le cas notamment des médias, du tourisme, de la distribution. Ailleurs, la baisse de la devise britannique par rapport à l’euro et au dollar profite certes en théorie aux secteurs exportateurs mais « la demande mondiale, surtout pour ce que le Royaume-Uni exporte, stagne, et l’effet positif sera limité », prédit Erik Nielsen, économiste en chef d’Unicredit.

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